Interview mission humanitaire au Népal

















Interview à Philippe Reynaert

Mission humanitaire au Népal


Depuis quand voulais-tu faire une mission humanitaire ?
En fait depuis toujours, mais je n’avais pas eu l’occasion de le faire jusqu’à maintenant. Il fallait du temps et trouver la mission qui colle à mes envies.

Pourquoi cette envie ?
Je pense qu’aider les pays en difficultés est un formidable moteur pour avancer dans la vie. J’ai juste besoin d’apporter ma petite expérience ou tout simplement mon aide pour redonner le sourire. Pour cela, le badminton est un outil extraordinaire qui va bien au-delà de simples échanges de volants.

Pourquoi avoir choisi le Népal plutôt qu’un autre pays ?
Quand j’ai vu l’appel à la solidarité pour le Népal je n’ai pas hésité une seconde ; Reconstruire une école, pouvoir échanger quelques volants avec les Népalais et apercevoir quelques sourires, voire éclats de rires…
Mettre en place des activités sportives et surtout permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité. Tout cela colle à mes valeurs. On a tous le droit au bonheur.

Que fais-tu concrètement sur place ?
Toute l’école « Sunrise » a été dévastée par le tremblement de terre, il faut donc la reconstruire entièrement. Pour l’instant, nous en sommes aux fondations et commençons les murs des classes. Ensuite, grâce au directeur de l’école qui a entendu que j’étais prof de badminton, à monter un terrain. Certes, pas vraiment comme on l’imagine, mais avec les moyens du bord. J’ai animé des séances de badminton en prenant toutes les classes pendant 20 minutes. Il faut dire que le temps n’est pas toujours de la partie, car au Népal, c’est la saison des pluies. Malgré cela, le directeur de l’école m’a dit que les enfants avaient passé une excellente journée et qu’ils voulaient tous en refaire. On ne peut qu’être content à ce moment-là… c’était comme dans un rêve !

Raconte nous brièvement une journée type ?
Oh là c’est très différent qu’en France. Tout d’abord, je joue au badminton tous les matins de 5h30 à 8h, car plutôt que de ne pas dormir (bruit des volants et autres) autant aller jouer avec eux. Ensuite, après un bon petit déjeuner, je pars sur le chantier jusqu’à 12h, petite pause et reprise jusqu’à 15h. Ensuite retour dans ma maison d’accueil où l’on peut profiter de notre temps libre. J’alterne entre reconstruction et animation. C’est l’idéal !
Repos le week-end.

Tu es quasiment au terme de ton aventure ; comment te sens-tu ? As-tu 1 ou 2 anecdotes à nous raconter ?
J’ai pris le bon rythme, je me sens bien au Népal car ce peuple est d’une grande gentillesse.
J’essaie de profiter au maximum de tous ces moments magiques. Hélas, le temps passe trop vite. Je confirme bien que le badminton est un excellent moyen de rassembler les gens de tous horizons et de tous âges. En dehors de ma mission, tous les gamins du quartier viennent sur le terrain de badminton qui se situe juste à coté de ma maison (on dirait que c’est fait exprès !) pour taper des volants. Je peux vous dire que les raquettes de Solibad nous sont d’une grande utilité. De plus, le propriétaire de la maison est directeur d’une école et m’a proposé d’animer une séance de badminton pendant plusieurs jours. Bon d’accord, de 5H à 8h du matin mais quand on aime on ne compte pas. Imaginez-vous, Philippe, à moto derrière le directeur d’une école, à 5H du matin pour rejoindre l’école. Le premier jour, il pleuvait à torrents, je me suis dit que la séance allait être annulée mais le directeur m’a alors dit que tous les enfants attendaient ma venue avec impatience et qu’ils avaient fabriqué les poteaux la veille. Enorme !

Tout l’EBPS pense à toi et te soutient pleinement, as-tu un message à nous faire passer ?
Tout d’abord, je vous remercie tous de m’avoir permis de vivre cette expérience qui aura un impact sur ma vie. Ensuite votre soutien a permis à de nombreux enfants d’oublier pendant quelques semaines leur terrible malheur en déployant toute leur énergie dans les échanges de volants. Pour le reste vous avez bien compris qu’ici tout est à refaire et grâce à vous, le projet avance à grands pas et déjà plusieurs classes sont ré-ouvertes pour assurer la scolarité des enfants et ça, c’est le plus important !
Merci
Philippe

Interview réalisée par Andréa Vanderstukken et Laurent Constantin

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